MANQUE, DÉSIR, PLAISIR

Constellation du centaure – Crédit image : NASA/MSFC/ESSSA/Aaron Kingery

Désirer vient du latin « desiderare » ou de-sider-are dont sider signifie « constellation, étoile, astre ».  Ainsi, désirer a le sens de « regretter l’absence de l’astre ». En quelque sorte, désirer, c’est expérimenter un dés-astre, c’est être coupé de la lumière de l’étoile qui oriente dans la nuit. Sur un plan symbolique, désirer pourrait être « ne plus être orienté vers sa lumière, vers sa destinée », c’est perdre la direction de sa vie, être pratiquement en manque de soi.

Les verbes désirer et considérer (du latin con-sider-are) partagent des racines communes. Ces mots sont empruntés au langage des augures que l’on consultait dans l’antiquité pour savoir si notre destinée était favorable. Considérer ou désirer c’est « regarder la lumière des étoiles ou en être privé ».

Présenté ainsi, le désir implique une attente insatisfaite, la nostalgie d’une étoile dont on connaît l’existence mais dont on est coupé. Il y a dans le désir la marque du manque. Dit autrement, le désir est le signe de la présence, au plus profond de soi, d’une quête. En Analyse Psycho-Organique, nous évoquons cela dans le concept de conséquentiel : ce que le sujet n’a pas réalisé dans sa vie mais qu’il aspire inconsciemment à vivre. Ce non-réalisé peut devenir la source d’élan de vie de la personne, ou, en se heurtant à la réalité, demeurer un projet en déshérence.

Le troisième mot de ce thème de café psycho est plaisir, du latin placere : plaire. il évoque une expérience agréable, un contentement immédiat, mental, physique, émotionnel, … Le plaisir indique au sujet qu’il est dans une expérience bonne pour lui, ici et maintenant. Mais cela peut-il continuer longtemps ? Ce plaisir indique-t-il une direction bonne pour soi ? Ce plaisir est-il le signe que l’on est en lien avec son astre, avec sa destinée ? La quête du plaisir est-elle un chemin – LE chemin ? – vers soi, ou une compensation des désirs insatisfaits ? Le plaisir est-il un bâillon posé sur notre désir afin d’éviter de vivre le manque de soi, afin d’éviter de consentir à ce que l’on est vraiment ?

Mercredi, je vous propose de venir parler de la façon dont s’articulent le manque, le désir, le plaisir dans vos vies.