Avec et sans parents, la succession des générations


L’automne 2017 tire à sa fin et l’hiver va se déployer sur ce que laisse son prédécesseur. Il en sera de même pour chaque saison, cette année et les suivantes. Naissance, croissance, déclin, mort, naissance, etc. Observer la nature nous rappelle qu’un cycle spiralé anime l’existence de toute chose, être, idée. Spiralé car chaque tour de roue ne remet pas le compteur à zéro. La vie apprend au contact de l’expérience des vivants.

Cela fait loi pour la vie humaine dans laquelle, en théorie, les enfants naissent, se développent nourris de la transmission de leurs prédécesseurs, transmettent eux-même la vie, amenant ainsi leurs parents au rang de grand-parents qui à l’hiver de leur vie disparaissent, amenant ainsi leurs enfants au premier rang de la lignée. Ainsi éclairé, la mort est une étape dans la vie et non sa fin. Elle est un cadeau pour ce qui suit et ceux qui suivent. Disparaître laisse la place libre et une invitation à la prendre, sur le terreau de l’expérience de ceux qui étaient là avant.

Etre enfant, enfant de, parent d’enfants, ou se sentir parent auprès des enfants, ou pas, voir vieillir ses parents après les avoir vus comme des géants, vivre leur départ et être ainsi projeté à une nouvelle place, parfois plus tôt que prévu, orphelin de, parfois plus durement qu’imaginé. Un tourbillon de sensations, de sentiments, d’émotions sont souvent présents dans ces passages, ou alors l’impossibilité d’y accéder.