Dépendance affective

Jusqu’où irai-je pour ne pas être seul ?

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » Alphonse de Lamartine. Nous sommes tous des êtres de manque, des dépendants affectifs. L’important est de choisir nos dépendances. Comment compensons-nous le manque de l’autre quand nous vivons loin de lui ou seul ? Comment compensons-nous le manque de nous-même, de notre intimité, quand nous vivons accroché à l’autre ? Peut-on sentir en nous  le besoin de solitude  ? Quid de nos « objets transitionnels » entre nous et l’autre, nous permettant de gérer l’attente ? Qu’advient-il du désir dans nos relations fusionnelles ? Vivre sous le même toi(t) ou chacun chez soi ? Est-il possible de ne pas se sentir seul avec soi-même ?

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Voici quelques éléments saillants de notre discussion de ce second café psycho :

La dépendance affective concerne le lien amoureux, mais aussi le lien à nos parents, le lien à nos enfants, frères, soeurs, amis, …

Dans une relation de dépendance affective,

  • Je veux me faire aimer en me rendant indispensable à l’autre,
  • Je vais au delà du désir de l’autre,
  • Tout ce que je suis ne suffit pas, je suis insuffisant(e), je me sens vidé(e),
  • Je vis un paradoxe : je suis tout pour la personne et en même temps je n’existe plus, je ne suis rien devant la personne,
  • J’attire les pervers narcissiques,
  • Je m’oublie, « ou suis-je?« , je ne prends pas mon propre espace,
  • « on » m’a collé un rôle,
  • Je vis par procuration, (par procuration : « en remettant à un autre le soin d’agir, de parler… à sa place », définition Le Petit Robert ),
  • Je fais des  concessions pour ne pas être seul, je suis malléable,
  • Je me mets en relation afin de ne pas être seul,
  • Ce qui me fait souffrir, c’est l’absence de retour de l’autre,
  • Je recherche une élan vital à travers l’autre,
  • Il y a une notion d’admiration,
  • Je suis dépendant d’un idéal, d’un amour durable,
  • Les enjeux ne sont pas les mêmes dans une relation d’amitié et dans une relation d’amour,
  • C’est le trop de souffrance qui fait arrêter le relation, c’est quand ça fait mal que c’est dangereux.

Des chemins vers une identification d’une relation de dépendance affective :

  • Apprendre à se connaître, à se reconnaître,
  • Apprendre à s’aimer,
  • Se demander : quel sont les bénéfices pour moi dans cette relation ?,
  • Veiller à une certaine réciprocité, ne pas « tout donner tout  de suite »,

 


Ce mois-ci, coïncidence, le site de Psychologies Magazine propose un test « Êtes-vous affectivement dépendant »  :
Test psychologues.com « Êtes-vous affectivement dépendant »

 


La Théorie de l’attachement

john-bowlby« Pour vivre un développement émotionnel et social normal, le jeune enfant a besoin de s’attacher à au moins une personne qui lui donne des soins de façon cohérente et continue ». Cette théorie est née des travaux du pédiatre et psychanalyste anglais John Bowlby, après les travaux de Winnicott, Lorenz et Harlow.  Elle avance que « l’attachement » fait partie des besoins primaires de tout être humain : de même qu’il doit s’alimenter pour grandir, le bébé doit aussi, pour se développer et explorer le monde, pouvoir trouver sécurité et réconfort par un lien privilégié avec l’adulte. Un attachement sécure (le mot vient de l’anglais) engendre une meilleure régulation émotionnelle, et minimise par la suite les troubles de comportement chez l’enfant et l’adolescent. La théorie de l’attachement est devenue centrale dans le développement de la pédopsychiatrie et a connu de nombreux prolongements.

Konrad-LorenzLes travaux des éthologistes ont grandement aidé la formalisation des théories de l’attachement. Dans les années trente, Lorenz (qui a écrit aussi sur l’agressivité, livre cité lors de notre premier café psycho) décrit le phénomène de l’empreinte : dans les heures qui suivent la naissance du poussin, celui-ci se met à suivre ce qui bouge dans son environnement ( => dans son champ de vision ) et s’y attache (d’où l’illustration de ce café psycho). L’empreinte est irréversible. Lorenz montrait comment un groupe de canards pour qui il avait assisté à l’éclosion, ne cessait de le suivre par la suite dans tout ces déplacements.

La théorie de l’attachement rencontre le thème de notre café psycho « la dépendance affective » sur l’inéluctabilité de l’attachement, et la relation intime qui existe entre nos comportements d’attachements actuels, parfois nos « dépendances affectives », et la façon dont nourrisson nous nos sommes reliés à nos premières figures d’attachement, souvent nos parents. Nous sommes des êtres de manque, l’ « autre » nous manque. Le tout est de bien choisir celui ou celle à qui on s’attache, et de s’assurer que l’on y trouve toujours son compte et même, c’est à espérer, son épanouissement.

 


pouruneviereussieunamourreussi-arnauddesjardinsDans son livre « Pour une vie réussi, un amour réussi« , Arnaud Desjardins site  son maître spirituel  indien Swamîjî Prajnapad selon qui un amour profond entre deux être se reconnaît en se posant 5 questions.

Dans ce livre, Arnaud Desjardins, au terme d’une longue  démonstration fondée sur son expérience, fait remarquer le que le mot « amour » n’est présent dans aucun de ces questions. Il invite à nous demander ce que nous mettons derrière le mot « amour ». Il dit que l’on ne peut aimer qu’à partir du moment où on accepte de ne pas attendre d’amour pour soi.

http://lapetitevoixdekittyboop.com/2013/04/19/les-5-cles-de-lamour/

  • “FEELING OF COMPANIONSHIP”
    Ai-je le sentiment que nous sommes des compagnons avec mon/ma partenaire ?
  • “AT EASENESS”
    Suis-je à l’aise avec mon/ma partenaire ?
  • “TWO NATURES WHICH ARE NOT TOO DIFFERENT”
    Nos deux natures ne sont-elles pas trop différentes ?
  • “COMPLETE TRUST AND CONFIDENCE”
    Ai-je une foi et une confiance absolue en mon/ma partenaire ?
  • STRONG IMPULSE TO MAKE THE OTHER HAPPY”
    Ai-je une forte impulsion à rendre mon/ma partenaire heureux /heureuse ?