L’homme et la dépendance

Plusieurs points de ce qui suit s’entendent dans un modèle occidental hétérosexuel. C’est un point de départ. Bien entendu, la réalité est plus complexe. Mercredi, lors de vos interventions, toutes les autres configurations pourront être abordées.

Pendant la grossesse de sa mère, le garçon à naître dépend de la qualité de garder au dedans d’une femme. A sa naissance, il dépend de la qualité de mise au dehors d’une femme. Quand ce garçon a deux ans, le succès de sa première tentative d’autonomisation dépend de la capacité de sa mère à accepter ce premier pas vers l’autonomie. Puis, à l’âge adulte, pour valider son genre masculin, ce jeune homme voudra être accueilli par un être du même sexe que celui de sa mère. Il dépendra du féminin pour vivre son masculin. A cette même étape de vie, la jeune femme hétérosexuelle s’oriente vers un être de sexe différent de celui de sa mère. L’homme hétérosexuel, lui, a pour mère et pour compagne deux femmes, qu’il va devoir différencier.

Accepter la différenciation est une étape constitutive de l’être humain. La différence des sexes est une des expériences de différenciation, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel. Ne pas pouvoir vivre un certain degré de différenciation maintient dans un certain degré d’indifférenciation. Une des conséquences possibles de ne pas sortir de l’indifférencié est de vivre de façon fusionnelle avec l’autre :  » moi et l’autre ne sommes pas différents, nous faisons un « . Mais si l’autre part, le risque est qu’il ne me reste rien, je me sens nul, au sens mathématique. Une autre conséquence possible et extrême de l’indifférenciation est la psychose dans laquelle il n’y a pas d’autre, il n’y a que moi.

Si les femmes ne sont pas épargnées par l’indifférenciation et les dépendances, dans l’ensemble, les hommes sont, plus souvent que les femmes, concernés par les addictions, c’est à dire la dépendance à un objet : drogues, alcool, jeux d’argent, jeux-vidéo, vitesse, violence, etc.

Dans les violences de couples, les agresseurs sont majoritairement les hommes et les victimes, des femmes ; notamment pour les crimes liés au seul genre de la victime (voir la présentation du café psycho de septembre).

Hommes et femmes sont tous concernés par ce thème de la dépendance. Les femmes ont eu un père, ont peut-être un frère, un amant, un mari. Comment vivons-nous ce thème de la dépendance de l’homme au féminin ou à tout substitut du féminin ?