Relation amoureuse, rupture, réparation

Être soi avec l’autre

La relation amoureuse anime tous les humains depuis la nuit des temps. Nous lui accordons plus ou moins de place. Nous la jouons selon des scenarii que nous chérissons. Quand la rupture advient, consommée ou latente, quel vécu en avons-nous ? Et surtout, thème fondamental, comment a lieu la réparation avec la personne aimée ? Et avec soi-même ?

amour-rupture-reparation

Suis-je amoureuse/amoureux de mon état amoureux ? Par quels sens suis-informé que je suis tombé en amour ? Est-ce que je plonge dans la relation sans retenue ou est-ce que je garde toujours un pied sur la berge « au cas où » ? Quelle en est l’incidence sur la qualité de ma relation ? Quand l’état amoureux devient-il douloureux pour moi ? Quel est mon point de rupture dans la relation amoureuse ? Par quel(s) sens suis-informé que je dois quitter une relation amoureuse ? Comment je me sépare de l’autre ? Quelle différence de vécu pour moi entre quitter et être quitté ? Comment je tente de réparer ma relation à l’autre ? Comment je me répare quand je suis quitté(e) ? Quand c’est moi qui quitte l’autre ?

Titre « Relation amoureuse, rupture, réparation » : Paul Boyesen


Les faits saillants de la soirée

  • La réparation a besoin de temps,
  • Nous pouvons aller jusqu’à faire l’impossible pour sauver une relation,
  • Nous pouvons vivre  deux vies, à deux, mais sans relation. Comme en colocation,
  • Vivre une relation amoureuse demande d’être compatible avec l’autre. Et la compatibilité peut évoluer avec le temps,
  • Dans la relation amoureuse, nous pouvons perdre notre identité,
  • Grâce à un travail sur soi, nous pouvons passer de « on me rejetait » à « je me rejetais »,
  • La rupture peut être une rupture avec soi-même,
  • Je peux exister par moi-même (moi m’aime ?),
  • Une séparation mature se fait à deux,
  • Deux personnes peuvent se quitter malgré la tendresse et le respect,
  • La jalousie, l’abandon ressortent comme des causes dominantes de rupture,
  • Je prends les relations pour ce qu’elles m’apportent ; et ce n’est pas un amour au rabais,
  • Le temps pour soi n’est pas un temps pour l’autre,
  • Conseil n’est pas expérience,
  • La valeur du pardon.

 


Sexualité : de la régression au lâcher prise –  Anne Fraysse, psychothérapeute, co-fondatrice de l’Ecole Française d’Analyse Psycho Organique, EFAPO, Article janvier 2012.

Extraits :

« les difficultés d’ordre sexuel sont pour 98% des problèmes relationnels, des problèmes de communication et peut-être qu’il y a 2% de problèmes organiques. »
(…)
 » l’acte d’amour c’est à la fois complètement donner, c’est retrouver une spontanéité, et en même temps, ça se construit. Il est difficile en premier lieu de s’aimer soi-même, d’aimer son corps, de connaître ses désirs. Est-ce que je peux prendre la responsabilité de mes désirs, d’oser les formuler pour pouvoir espérer obtenir qu’ils soient satisfaits ?
(…)
« Je reviens à la régression dans la perspective de la sexualité pour insister sur la notion deréparation. Nous pouvons réparer des zones de nous-mêmes qui ont été blessées. Le travail corporel aide à cette réparation, à travers des contacts, des touchers. Le premier plaisir organique, la relation dʹEros, cʹest avec notre mère que nous le connaissons »
(…)
 » Nous sommes invités dans l’acte d’amour à abandonner notre volonté de posséder, de nous contrôler ou de posséder l’autre. Pour moi, l’inverse de l’amour, ce n’est pas la haine. La haine, c’est souvent vécu dans l’expérience psychique comme de l’amour gelé. Pour moi, le contraire de l’amour, c’est la volonté de puissance. Tout ce que je mets dans ma volonté de puissance je ne le donne pas à l’amour. »

 


 

cafe psycho marc cavalie j salome

Livre de Jacques Salomé « Nul ne sait à l’avance la durée d’un amour« 

« Il n’y a pas, me semble-t-il, de règles, de lois, qui puissent régir, contrôler, ou guider l’amour. »
(…)
« Ce qui, par contre, peut être plus conscientisé, plus apprivoisé et donc faire l’objet d’un ajustement, ce sont les conduites relationnelles, les comportements et l’incroyable décalage, qui va naître à l’intérieur d’une relation amoureuse, créant un fossé, une faille immense entre les attentes de l’un et les réponses de l’autre. »

 


« Je suis le lien que je crée » Monique Herbage et Pierre Herzbrun

« Nous naissons à la vie du monde par notre mère. Mais il est une seconde naissance à vivre qui passe par la parole, la relation à nous-même et à autrui »
(…)
« Dans notre pratique de thérapeute, nous avons été entraînés à constater qu’il existe trois niveaux de communication possible : parler, communiquer, dialoguer.
Parler : revient habituellement à faire du bruit avec sa bouche selon deux modalités bien particulières : l’usage du ON et du TU. Le ON s’entend lorsque la personne a du mal à se sortir d’un anonymat indifférent et polymorphe.
L’emploi du TU, qui n’est pas le tu de l’intimité, est une façons de ne pas parler à l’autre mais de l’autre. TU TU TU, c’est la « relation klaxon » : « Tu es ceci, tu es cela ».

Communiquer : transmettre une information à l’autre dans le but de l’informer ou/et de le convaincre. Communiquer, c’est plus rarement partager ; l’autre est plus souvent considéré comme un récepteur que comme un interlocuteur.

Dialoguer : entrer en relation avec une personne et en ressortir différent. Le but du dialogue n’est pas de convaincre mais de faire avancer une manière de penser au contact d’une pensée différente et l’espace entre les deux personnes est en cela un terrain de création. Pour une personne, dialoguer suppose qu’elle soit devenue un sujet parlantaprès avoir été un sujet parlé. Q’est-ce que cela signifie ? Que l’être humain naît objet , chargé d’une histoire, d’un vouloir, et dans la nécessité dans les premières années de sa vie de construire un scénario qui sera pour lui l’outil indispensable à sa construction. Que l’être humain en naissant n’est pas encore le sujet qu’il sera, et cela pour au moins trois raisons : la transmission généalogique, le désir des parents sur lui, et la construction de son scénario de vie, font que l’enfant ne peut prétendre être sujet. Il a seulement pour mission de le devenir (…) ».
(…)
« L’enfant a besoin de créer du « je SUIS » . En arrivant au monde, il semble se poser trois questions : Qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais ici ? Combien de temps est-ce que ça va durer ?  La construction du scénario de vie a pour but de donner des éléments de réponse à ces questions sans que toutefois elles ne soient jamais résolues. Eléments de réponse donc, par la structuration de sa pensée, son temps, son espace.

 


Deux livres déjà cités dans le café psycho amour et sexualité, ouvrages profonds, qui choisissent la vie, et sans pitié pour nos illusions,  :

  • pouruneviereussieunamourreussi-arnauddesjardins« Pour une vie réussi, un amour réussi » d’Arnaud Desjardins aux  Ed.Pocket
  • « Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies » de Christiane Singer aux  Ed. Albin Michel

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Boite à outils : quelques articles :